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Le présent contenu s’inscrit dans une approche informative et scientifique dédiée au cannabidiol (CBD), un phytocannabinoïde non psychotrope étudié pour ses propriétés potentielles dans divers contextes physiologiques et thérapeutiques. Les références à la culture du cannabis concernent exclusivement des cadres réglementés.
Dans un article récent, j'ai détaillé ma méthode de culture du CBD en système hydroponique. Pour résumer, il s'agit de faire pousser une plante « mère », la bouturer, et de faire fleurir les boutures ; au moins 20 par m², pour profiter au maximum de la lumière. Bien entendu, cette méthode ne s'applique pas aux plantes auto florissantes ; elles ne se prêtent pas au bouturage, car elles commencent à fleurir avant d'être suffisamment développées pour produire suffisamment de clones. Pour être complet, il fallait donc examiner ce que donne une culture de ces plantes si populaires aujourd’hui, et qui représentent une grande part du marché des graines.
La culture sous lampe coute cher. Pour recréer en intérieur un environnement optimum pour des végétaux, il faut dépenser pas mal d’électricité, pas seulement pour la lampe mais également pour tout ce qui concerne la circulation d’air, le chauffage ou le refroidissement, etc…. Seule la culture de plantes à haute valeur ajoutée justifie ces dépenses. Comment les autoflos s’adaptent-elles à l’hydroponie ? Sont-elles rentables ? Quelle est la qualité du produit final ? C’est pour répondre à ces questions que j’ai testé une culture à partir de graines auto-florissantes ; afin de la comparer en termes de rendement et de temps d’occupation de l’espace à une floraison faite à partir de boutures.
Pour faire une comparaison significative, j’ai pris en compte le temps d'occupation de la salle de production. Pour les boutures, j'ai commencé le décompte à partir du moment où j'ai transféré les boutures enracinées dans le système de floraison. De même pour l'autoflo, depuis le passage des plantes de leur lieu de germination, en terre, au système hydroponique, sous la lampe de floraison.
Je dois reconnaitre que j'ai abordé ce test avec beaucoup de doutes. J'avais pas mal d'idées préconçues sur les autoflos, et notamment sur l'utilisation des gènes de cannabis ruderalis. À la « bonne époque » en Californie, nous évoquions parfois ce sujet avec des brideurs, espérant que cela n'arriverait jamais, de peur d'affaiblir le patrimoine génétique du cannabis de manière irréversible. Il y a un prix à payer pour qu’une variété devienne auto florissante, et l’introduction de gènes de ruderalis n’est pas sans conséquence sur la qualité d’une variété.
Mon autre réserve concernait la qualité du produit final. Je n'ai jusqu’alors testé que des fleurs issues des premières générations d'autoflo, et je les avais trouvées peu intéressantes.
Pour mon test, j'ai sélectionné la variété Arcana Nox de la société italienne Primitiae Genetics, qui propose de bons produits.
Le système utilisé : un CultiMate Aero de la compagnie Terra Aquatica, avec comme engrais le TriPart, engrais en trois parties de la même entreprise. C’est un système dans lequel la grande majorité des racines est suspendue en l’air ; seule une partie baigne dans la solution, le reste est dans un brouillard humide, de bonnes conditions pour des résultats optimums. Une seule plante dans un pot panier de 15cm avec un peu de bille d’argile comme support. La lampe, une céramique 600w, qui donne d’excellents résultats mais génère beaucoup de chaleur. Je l’utilise pour des cultures hivernales, quand la chaleur n’est pas un problème, et peut même être utile.
Les autoflos fleurissent quel que soit le temps d’exposition à la lumière ; certains cultivateurs utilisent un cycle de 24 heures de jour, mais je pense qu’il est bon que la plante ait un minimum de cycle nocturne, j’ai donc choisi 19 heures de lumière pour 5 heures de nuit, un choix parfaitement arbitraire mais qui m’a paru adéquat sur le moment. Il reste encore beaucoup de tests à faire pour déterminer le cycle jour/nuit idéal pour des plantes auto florissantes… s’il y en a un.
Comme d’habitude, j’ai démarré d’une graine, mais au lieu de la faire pousser pour en faire une plante mère je l’ai transférée dans le système de floraison dès qu’elle a eu deux sets de vraies feuilles.
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22.11.2024 A ce stade, la plante va surtout développer son système racinaire. En quelques jours il va devenir massif, adapté à son environnement (racines d’eau). La plante pousse déjà très bien à ce stade, mais dès que les racines sont développées elle va encore accélérer sa croissance, et devenir un joli buisson, prêt à soutenir une floraison explosive.
12.12.2024 La plante s’est développée correctement et a atteint une taille respectable, parfaite pour une plante d’intérieur. Comme prévu, au bout de 20 jours elle a initié sa fleuraison, et après 40 jours, la floraison été déjà bien avancée.
05.01.2025 La récolte a eu lieu 55 jours après la mise en place, avec un poids total sec manucuré de 200 g. |
Pour que le rendement soit intéressant il faudrait cultiver 4 plantes au M2, ce qui est tout à fait possible car le système utilisé mesure à peine 45 cm par 45 cm ; on peut parfaitement en placer 4 sous une lampe de 600w. En choisissant une bonne variété, il est facile d’obtenir un rendement supérieur à 600g/m2, sur une période de 7 à 8 semaines.
Ce résultat a été une surprise pour moi ; je m’attendais à ce que le cycle soit beaucoup plus long que celui de mes cultures habituelles, généralement 6 à 7 semaines, alors que la différence en temps n’est pas significative.
Un autre de mes préjugés envers les autoflos : je doutais fort du gout et de la qualité du produit fini. Sur ce plan, les résultats ont dépassé mes attentes ; la notion de qualité est très subjective, et en matière de gout, tout le monde n’utilise pas les mêmes critères. Personnellement je recherche des plantes très concentrées en principes actifs. Dans ce domaine, cette plante se place dans une bonne moyenne et satisferait plus d’un consommateur. Elle a de plus des arômes plutôt agréables. Malgré cela, elle n’atteint pas la qualité des meilleurs plantes traditionnelles, mais mon expérience se limite à cette seule variété, je ne peux pas généraliser.
Cette culture a été une expérience intéressante pour moi, qui m’a ouvert les yeux sur les autoflos. Cette méthode a des avantages, entre autres : il n’y a pas besoin d’un espace pour les pieds-mère, et on économise le travail de bouturage. Elle présente néanmoins quelques inconvénients, en particulier le risque que la plante ne devienne trop grande ; si votre espace vertical est restreint, il faudra utiliser tous les « trucs » qui permettent de contrôler la croissance verticale. On ne bénéficie pas non plus de la fameuse vigueur des boutures, ni de la proximité de la lampe qui permet de maximiser l’utilisation de la lumière.
J’en conclurai que quand il s’agit de faire faire une seule récolte sous lampe, les autoflos sont un bon choix, mais que si le but est de faire plusieurs cultures successives, il vaut mieux cultiver une variété photopériodique, et utiliser une plante mère pour en faire des boutures. Quant à moi, après ce petit détour par ces plantes à auto floraison, je vais revenir à ma bonne vieille méthode traditionnelle, car mes variétés préférées sont photopériodiques. Bonnes cultures !